André Guérin

Arrivé au ClubPM en septembre 2019, je trouve ça intéressant, la gang est l’fun.

André travaille avec Mac, il possède une pièce d’anthologie, un Macbook Pro 17’’ 2009. Petit bijoux de musée, à conserver à vie… Actuellement, il travaille avec un Macbook Pro de 2017 connecté au besoin sur un écran externe 5K de 27 pouces alors que son vieux laptop est utilisé avec ses logiciels de musique. Plusieurs cordes à son arc cet homme. La musique, pour l’écouter et pour ressentir l’intention dans l’interprétation des musiciens. Il y a d’ailleurs beaucoup de similitude entre la musique et la photographie :  une intention, une histoire et une scène de vie qui nous interpelle quand le ton ou la composition est juste et senti.

Plus jeune à la fin de ses études, André est allé voir une exposition de John Lyman, artiste peintre canadien, et l’une des citations lors de cette exposition qui a retenu l’attention: ‘’ Je vis par les yeux ‘’. Ce fut le début de la photographie, avec un Pentax 35mm. Moi j’ai grandi à Port Cartier et en tant qu’étudiant, j’ai eu la chance d’acheter une liquidation et me procurer mon appareil pour 150.00S – 175.00$. La mise au point avec un centre de focalisation décentré, il fallait être à l’extérieur, car très peu lumineux.

Discussion sur la qualité de la lumière avec François Desrosiers comme conférencier, l’aspect psychologue du photographe pour rendre le sujet à l’aise devant la caméra, donc un devoir de contrôler la technique avant de passer à l’autre étape dans le processus. Moi je fais de la photo comme amateur, j’en fais quand j’ai le temps et l’énergie. J’aimerais franchement en faire plus souvent, mais il faut y aller avec certaines priorités et ce serait bien que l’année 2020 puisse être vécu un peu plus avec l’oeil dans le viseur de l’appareil photo. 

Psychologue dans un centre de réadaptation pour la déficience intellectuelle et l’autisme. Ayant développé une expertise clinique dans un domaine assez peu exploré en psychologie, j’étais dans l’évaluation diagnostique dite de deuxième ligne. C’était un travail interdisciplinaire avec des collègues orthophonistes et ergothérapeutes. Une profession vraiment gratifiante quand il nous est permis d’enfin apporter des réponses concrètes à des jeunes et leurs parents qui ont souvent été ballottés durant 2-3 et même 10 ans. Au fil de la discussion, j’interromps André et lui demande: mais toi, comme individu, le comportement humain, ça doit t’attirer un peu? Beaucoup, beaucoup me répond-il…

Je l’interpelle, comment on transfère cette vision en photographie ( c’est l’angle que je voulais développer ).

Ben, c’est au niveau de la perception, tu sais. Comment se fait-il que nous soyons ouverts en vacances et non dans un environnement connu? Ce serait fabuleux d’être stimulé constamment, mais en neuropsychologie, on constate qu’on ne peut pas être en alerte maximale dans un environnement familier et d’analyser de A à Z ce qui se passe dans notre environnement; à moins qu’il y ait un élément nouveau qui arrive.

Être dans un environnement nouveau, comme lorsqu’on est en voyage, cela a pour effet de stimuler et de mettre à l’affût les processus attentionnels, surtout  face aux détails de  l’environnement dans un besoin d’assurer sa sécurité, un besoin d’organisation spatiale.

Notre créativité photographique se retrouve alors exacerbée comparativement à une balade photographique dans un endroit familier. Pour demeurer un peu plus alerte et stimulé dans un environnement habituel, j’ai tendance à traîner deux objectifs très différents, comme par exemple avoir un grand angulaire et un objectif macro. En faisant cela (avoir deux intentions photographiques différentes), je me suis rendu compte que je deviens plus alerte et que le regard photographique devient plus affûté vis-à-vis les détails de l’environnement. C’est un truc qui fonctionne bien pour moi. Et peut-être aussi un peu plus chez les hommes que les femmes puisqu’il est prouvé que c’est plus difficile et moins habituel pour les hommes de penser et faire  deux choses en même temps (rire).

Nouvellement retraité, André a eu la chance de passer quelques mois dans le sud de la France. Comme expliqué plus haut; il avait l’habitude de se promener avec seulement deux objectifs, un grand angle 11-24mm et un 100mm, sur son Canon 5D Mk IV, toute une façon d’explorer l’environnement. 

Le développement d’une photo, le logiciel que nous utilisons, c’est comme la chambre noire. Moi je reste sur la base, je n’utilise pas Photoshop, je travaille plutôt avec DXO Photolab. Nous sommes à des années-lumière avec le développement de la matrice des fichiers bruts, en regard avec Adobe Lightroom. 

Il y a aussi une deuxième grande raison pour laquelle j’adore DXO, la suite NIK collection: pouvoir ajouter une texture à l’image ( grains de films, simulation de différents films argentiques, textures de papier, etc. ) afin de lui donner une chaleur ou ajouter une douceur à l’image. Ce faisant, il y a une perte de netteté de l’image et il faut doser l’effet afin qu’il avantage le sujet principal et s’organiser que ce soit l’espace négatif qui gagne le plus en texture, perdant ainsi de cette netteté ou ce piqué qui peut distraire du sujet principal.

Je me suis demandé pourquoi j’aimais tant rechercher l’ajout d’un  grain argentique et de textures ( qui sont très réalistes avec DXO ). À part le fait que cela permet de mieux isoler et mettre en valeur le sujet principal, il y a le psychologue à la retraite qui se rappelle que l’importance donnée à la texture que rapporte une personne dans la description d’une image du Rorschach ( test projectif constitué de simples tâches d’encre ) nous renseigne sur la recherche et l’importance du vécue affectif dans une relation interpersonnelle.

Et cela pourrait bien expliquer pourquoi certaines personnes sont plus attirées vers des photos minimalistes où les textures et les reliefs constituent l’élément principal de la composition d’une image. Notre recherche photographique d’un jeu subtil des contrastes entre les zones d’ombres et de lumières pourrait peut-être prendre racine dans la recherche sublimée d’un plaisir relationnel et affectif …. Qui sait ?

Peu importe !!! L’important c’est d’avoir du plaisir à capturer une image que l’on souhaite pouvoir devenir un bel instant d’éternité !

Discussion sur la longévité d’objectifs haut de gamme, comment nettoyer les capteurs??

André a emporté avec lui son livre qu’il a fait imprimer il y a quelques années. De fil en aiguille, moi je ne signe pas mes photos, je ne me sens pas photographe. Je suis un amateur, peut-être un amateur averti, mais j’ai une certaine gêne à signer mes captures.

André m’explique qu’il faut attendre le bon moment, quel sera l’angle pour capter l’oeil, nous parlons de Photopills, Ephemeris, Google Earth, belle recherche dans son évolution de photographe.

Il n’est pas simple de poursuivre dans le continuum ‘’ Créatif/Contemplatif ‘’, des visions qui s’opposent à l’occasion. Le constat soulevé: parfois le manque de temps, l’énergie à y consacrer. Nous ne pouvons être perceptifs à tout moment.

Toute une rencontre avec cet homme discret, mais fascinant.

Citation :

« Le plus grand obstacle à la découverte, ce n’est pas l’ignorance, c’est l’illusion de savoir! » Daniel J. Boorstin


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